L'
ÉGLISE DE MARLIEUX A TRAVERS LES SIÈCLES Denise
DIAS , à partir des renseignements tirés des archives municipales
, élargis à d’autres sources (voir infra ) donne quelques éléments
de l’histoire de l’église du village. Il
est important de noter que les données s’intéressent surtout aux
problèmes de modifications architecturales , reconstructions et entretien
, avec les questions financières sous sous-jacentes . De ce point de vue
, la situation n’a guère évoluée… Les
illustrations anciennes proviennent de la collection de R. DEPLATIERE . Qu’ils
soient tous deux remerciés. L'église sous la neige ( cliquez pour agrandir ) Avant l’an 1000, l’Abbaye
des Bénédictines de Saint Pierre de Lyon fonda à Marlieux un prieuré (petit monastère)
qui existait encore en 1243 puisque cette année là, il fut reconnu
par le pape Innocent IV Les ressources étaient maigres
pour le prieuré . Et pourtant , en 1258, les deux-tiers des dîmes*
de Marlieux sont données par Agnès de Villars* à l’Abbaye Cistercienne
de Chassagne située à Crans, pour le salut de son âme et dans
l’espérance d’une récompense éternelle. L’ église fut construite
ultérieurement sans que l’on connaisse les liens avec la démolition
du prieuré. Le nom de lui fut donné. St Pierre aux
Liens A son origine, elle ne comprenait
que la nef* rectangulaire, prolongée par un chœur plus étroit se
terminant par une partie demi-circulaire. Au 15°siècle, d’importants
remaniements sont ordonnés par Isabeau d’Harcourt* : un clocher
est installé, la voûte du chœur réalisée et la chapelle côté
droit construite. En 1433, Isabeau d’Harcourt*demande
qu’une messe soit dite chaque semaine, le vendredi. En 1677, la reconstruction
presque complète de l’église s’avère nécessaire . Les tuiles sont réutilisées
et Régis Feunillet, tailleur de pierre à Bourg, fait l’œil
de bœuf sur la façade. Le 16 décembre 1707 a
lieu la bénédiction d’une cloche à laquelle est donné le prénom
de sa marraine : Hélène( Guillaudon.) Le premier curé mentionné
dans les textes prend ses fonctions en 1570.18 curés vont ensuite
se succéder dans le village , entre 1608 et 1766.(cf tableau) En 1768 : on répare le presbytère. Pas de renseignements pendant
près d’un demi-siècle sur la « petite histoire » de ce bâtiment
religieux qui tenait , sans nul doute, une grande place dans la vie
de la population . Le 11 mai 1823, en réunion
du conseil municipal, monsieur Garnerain, maire de Marlieux, expose
les faits suivants : « Il est de la plus grande urgence de rebâtir le clocher vu que la cloche
suspendue sous le porche de notre église pourrait occasionner par
sa chute quelque malheur ; Les domaines de cette commune
se trouvant à une distance considérable, il serait impossible
en cas d’incendie d’appeler au secours sans une cloche qui, dans
la position qu’elle occupe maintenant, ne peut rendre cet important
service. Marlieux étant entouré
par St germain et la Chapelle du Châtelard, il serait d’une grande
utilité que l’on eut une cloche qui fut à même de par sa position,
de convoquer les habitants de ces communes à l’office divin » L’année suivante, une croix
est érigée sur la place « afin de faciliter les processions qui ont
lieu chaque dimanche, pendant un mois et qui sont très
difficiles à faire, le chemin à parcourir étant souvent impraticable. »
« La plus forte raison qu’ont
fait valoir les opposants c’est que cette croix pourrait gêner les
danses mais cette raison est illusoire vu que ces divertissements peuvent
bien avoir lieu dans le village, l’espace étant suffisant. » 1837 : des travaux sont réalisés
au niveau du clocher 1843 : construction d’
une chapelle latérale au nord, offerte par madame Marie Berthaud à
son décès en 1839. L’année suivante, on répare
le presbytère. . Le 8 août 1847 le Maire
de Marlieux écrit à Monsieur le Préfet de l’Ain ……. Le Conseil municipal a fait
dresser le devis des réparations à faire
à l’église. ……. « Nous, Benoît Cavet,
avons reconnu que le plafond de l’église est dans un
état de vétusté et délabrement complet : la totalité
de la surface étant pourrie par les pluies et les traverses se détachant
et tombant en ruine….. De plus , la tour du clocher
ayant été construite sans aucun jour, il est de toute nécessité
d’en établir un pour prévenir les accidents qui sont arrivés et
arriveront à ceux qui sont obligés d’arriver
à son sommet par une échelle de meunier d’une grande longueur et
d’une extrême rapidité. » Il sera donc placé
au devant de la tour un œil de bœuf en pierre Pour copie certifiée conforme :
le Maire Le 13 janvier 1851, Jean Marie
Vianney, curé d’Ars , donne la somme nécessaire pour la fondation
d’une mission dans la paroisse de Marlieux, celle-ci devant avoir
lieu tous les 10ans.Cette tradition s’est perpétuée fort longtemps. En 1852, l’église reste
en très mauvais état, le presbytère est toujours inhabitable
malgré les réparations urgentes pratiquées deux ans auparavant. On nivelle alors le cimetière
situé contre l’église pour favoriser l’écoulement des eaux
qui se jettent dans ses fondations, la détériorant chaque jour un
peu plus. 1860 : l’état de détérioration
dans lequel se trouve l’édifice du culte est tel que le maire Monsieur
Genillon et le conseil sont d’avis à l’unanimité de s’imposer
extraordinairement pendant 10 ans pour payer les réparations , sous
le contrôle de monsieur Chabassier , architecte. 25 avril 1861 : LETTRE ADRESSEE PAR MONSIEUR
CHALAND , CURE DE MARLIEUX A NAPOLEON III AFIN QUE CE DERNIER VIENNE
EN AIDE AUX HABITANTS DE MARLIEUX , POUR LA REFECTION DE LEUR EGLISE. Sire, Ayant entendu parler bien
souvent de vos bienfaits et de votre amour pour la
religion, dont j’ai le bonheur d’être un humble ministre, j’ose
m’adresser à votre majesté au nom de tous mes paroissiens qui comme
moi vous aiment et vous honorent, pour vous faire part de notre commune
détresse. Habitants d’une des plus
pauvres communes de le Dombes, nous voudrions cependant comme les autres
avoir une église convenable. C’est pour cela que nous nous sommes
tous imposés pendant 10 ans pour une somme de cinq mille francs,
sans demander un secours au gouvernement parce que notre
église menaçait ruine et qu’en attendant la longueur des formalités
voulues, nous nous serions exposés
à de bien plus grandes dépenses en ne pas faisant aussitôt les réparations
urgentes pour la consolider. Nous ne pouvons plus faire
aucune dépense et cependant notre
église en a un grand besoin, il nous faudrait bien au moins encore
quatre mille francs pour la restaurer .Dans cet
état de chose, nous nous sommes naturellement rappelés vos bienfaits
et nous avons osé nous adresser à votre majesté, nous sommes convaincus
que ce ne sera pas en vain. Si notre bonne et pieuse
Impératrice connaissait aussi son amour pour elle et la misère de
notre pauvre église qui n’a pas
-un mot illisible- seulement un des objets les plus nécessaires
à la dignité du culte, nous sommes persuadés qu’elle nous
aiderait à contribuer à la gloire de Dieu par un don qui en perpétuant
le souvenir de sa bonté et de sa piété
au milieu de nous, nous imposerait aussi le devoir de prier le seigneur
pour vous afin que vous ayez le bonheur de voir réaliser tous les glorieux
projets que vous avez conçus en faveur de notre sainte religion et
de notre belle patrie. Nous prierons aussi pour notre bonne et pieuse
Impératrice, pour notre Auguste Prince Impérial pour que Dieu lui
permette un jour de perpétuer au sein de notre puissante nation la
gloire et la prospérité dont vous
êtes l’auteur. C’est dans ces sentiments,
Sire, que de votre majesté avec un profond respect, je suis le très
humble sujet D.
Chaland Curé On ne sait pas si la demande
est acceptée mais de gros travaux sont alors entrepris : l’église
est élevée de 2 mètres et allongée d’un peu plus. Une porte d’entrée est pratiquée
dans la nouvelle façade : une voûte construite en plâtre car les murs
ne peuvent supporter des briques et le carrelage entièrement refait. On installe une chaire et deux
confessionnaux et la partie de l’église exposée au midi est crépite. En 1904, deux cloches sont
installées : celle qui a été refondue est parrainée par le maire
et une seconde offerte par mademoiselle Rivet qui en est la marraine . 9 avril 1916 : La cloche fêlée et hors d’usage
est vendue au sieur Chirouze , marchand de métaux à la Chapelle du
Châtelard.et l’on répare le clocher. 28 mai 1922 : Le Maire soumet un devis établi
par monsieur Hyvernat architecte à Trévoux - Considérant que les travaux
sont devenus indispensables par suite de l’état de vétusté de l’église
dont la façade menace ruine -Vu l’importance des réparations
à faire, la commission départementale alloue à la commune un
secours de 400 francs sur les fonds des amendes de police correctionnelle
pour aider à payer la dépense. La réception définitive des
travaux de restauration de l’église a lieu en 1923. La pierre tombale de l’abbé
Joseph Roux qui a sa mort en 1851, avait légué tous ses biens
à l’église, est déplacée à l’angle sud- ouest La statuette placée dans une
niche à la partie supérieure de la façade est installée
à l’intérieur de l’église et la niche bouchée. 1939 : la reconstruction et
la surélévation du clocher surélevé sont achevées sous la direction
de deux architectes messieurs Rostagnat et Pereyron ; Par la suite, des travaux d’entretien
et de peintures intérieures, plus ou moins importants seront
réalisés , notamment en 1982. Dernièrement, en 2009, en présence
de Monseigneur Bagnard, l’abbé Friess célèbre la fin des travaux
de rénovation intérieure financés par les paroissiens et par la municipalité LISTE DES
CURES DE MARLIEUX DE 1608 à 1766 1608 Antoine Pépide 15 novembre1682 Claude Guichenon avant 1642 Antoine Faure ou
favre 24 novembre1689 Jean Burzal de
Beguin 22 août 1642 Philibert Ramoz 7 novembre1702 André Alban
Duviviers 1643 François Maillod avant 1734 Claude François
Bouvier 1649 Michel Rachon 1734 Barthélemy Giraud avant 1652 Jean Goutaliaz avant 1736 Jean Claude
Glavenard 23 juin 1652 Louis de Villette 14 avril 1736 Jacques Simon Rat avant 1673 Philibert
Boyat(docteur enThéologie) 16 février1746 Louis Pingeon 1° décembre1673 Pierre Giroud 3 septembre1766 Jacques Philippe
Cordier L’Abbé Friess est actuellement
( 2012) curé de la paroisse, succédant aux abbés Le Bourgeois
et Perret . C’est l’abbé Gallion qui a été le dernier à résider
à la cure de Marlieux.Les abbés Montany, Chaland, Goyard et Roux
les avaient précédés. LEXIQUE la nef est la partie
de l’église qui s’étend du portail au chœur La dîme est l’impôt
annuel qui était dû au clergé. Il consistait dans le prélèvement
d’un dixième des produits récoltés (quelquefois plus.) Agnès de Villars
, fille d’Etienne II de Villars a épousé en 1196 Etienne 1er, seigneur
de Thoire. Isabeau d’Harcourt,
fille du comte d’Harcourt et de Catherine de Bourbon, épousa
en 1383, Humbert VII de Villars, seigneur de Thoire. SOURCES Archives départementales de
Bourg en Bresse Eugène Dubois , historien
local ( 1879-1952) Délibérations du conseil
municipal de Marlieux Guichenon Samuel , avocat à
Bourg ,historien local (vers 1630 ? ) ILLUSTRATIONS Début 20 ème siècle : la croix de pierre est encore en place. Elle sera retrouvée et disposée au sol en 2009 2012 L'église vers 1918 Carte datée de 1914 2012 La croix redisposée. La tombe de l'abbé Roux repositionnée.2009 Inauguration des travaux de rénovation intérieure en 2009 .